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mercredi 14 août 2013

Quelques notes l'épisode 6 de Lunombre

  Lunombre partagera ses maussaderies enthousiastes lors d'une excursion en territoires divins dans le sixième épisode en cours d'écriture. Il se concentrera sur le périple de Shiven et ses compagnons sur l'île du vent : terres de mystères et de savoirs perdus. En apprendre plus sur le passé, peut parfois sauver l'avenir ou l'enterrer... J'ai fait références à cette île et aux Chimères tout le long de l'épisode 5, non sans raisons. 
   La première Chimère bénigne est apparue dans le deuxième épisode l'ancienne garde: c'est une forme de vie fondamentale, naturelle et propre au monde de Lunambre. Certains animaux, à l'instar des humains, ont développé une capacité défensive spéciale. 
   Ceux qui ont lu, savent déjà que les dieux Astarès et Efirath prêtent à leurs "fidèles" (une chair à canon délectable si on en croit Zendan...) un don. Or comment font-ils ? Comment choisissent-ils leurs "élus"? Tous les humains ne sont pas capables d'user de ce don librement comme le Baron (1), par exemple. Vous aurez ces réponses de manière concrète (et assez horrifiante) dans les deux prochains épisodes.  
   Ce sera aussi l'occasion d'en apprendre davantage sur la faune et la flore, notamment les Limbes, le Sclens, les nouveaux personnages... Toujours un peu fous, les principaux, désormais trois, évoluent dans un bourbier d'événements démentiels. Chaque victoire s'arrache au prix d'un sacrifice.  

Je mets environ un mois et demi pour écrire, relire, réécrire et corriger un épisode de Lunombre. Le sixième a atteint les 15OOO mots hier ; il sera plus long que prévu, donc me demandera plus de temps d'affûtage ! Je le diffuserai peut-être fin Août. Sinon, ce sera en septembre. Le septième devrait suivre plus rapidement, étant donné qu'il se focalisera sur Arkane, une reine concubine et Artoror...

 En attendant ce voyage sur l'île du vent, où des Chimères s'écharpent lors d'une joute éternelle, une virée à Dorage s'impose ! (l'épisode 5, à découvrir ici : http://ventdelame.blogspot.fr/2013/07/lunombre-5-dorage.html )

Allez, j'y retourne ! 
Enfin, ça attendra demain, maintenant...

(1) personnage charismatique apparu dans Lunombre 1 la Flamme Bleue.

jeudi 7 mars 2013

Damnation 9 L'Arrivée du Vautour extrait et lien

En attendant la mise en ligne gratuite à la fin de la semaine de "Damnation 9 l'arrivée du vautour" sur Feedbooks, en voici un extrait :



Damnés



« La lance de l’œil mort,

Perce le fronton des cieux,

Le macchabé tourbillonne sur la pointe,

Sur la chaussée fendue de pieux. »

Comptine du macchabé silencieux.



La plaine d’or écarlate se parait de mille éclats devant l’unique passage menant à Anîm. La citadelle sombre aspirait l’énergie déployée par les rayons du Soleil. De là où il oeuvrait, Milmort apercevait tous ces cafards qui se pressaient sur les hauteurs de l’odieux édifice. « Qu’ils se repentent de leurs pouvoirs, ces démons ! »  songea-t-il en admirant sa fabuleuse hache de bataille à double tranchant.

L’empereur de Perdal portait des habits rouges et une armure de maille argentée d’une valeur inestimable. Son précieux Na-kîm la lui avait rapporté des Baronnies de Salem, où il était né dans la misère et le sang. L’individu au bouc avait vécu de rapines et de meurtres dés son plus jeune âge. Milmort l’avait rencontré au sein d’une galerie d’art d’un genre douteux, aux confins de Perdal. Na Kîm peignait des scènes de carnage qui ravissaient les nobles, notamment Milmort. En son nom, il espionnait aussi les terres barbares.  Quelques bataillons des Baronnies agrandissaient visiblement les limites de leurs territoires en grignotant celui de Perdal. Selon les rapports, de simples rapts et autres pillages avaient eu lieu dans les villages frontaliers, rien d’assez excitant pour y déployer les troupes.  

Il devait d’abord consolider le royaume, ensuite il s’occuperait de ces maudits et stupides autochtones du nord. Il leur ferait ravaler leur orgueil avec une effroyable violence.

Les jambes étendues sur un coussin, il se préparait à la curée en relaxant ses muscles fatigués suite à une longue chevauchée. Na-Kîm patientait près de l’entrée de la tente, en sirotant du vin, un poignard scintillant dans son autre main. Comme à son habitude, il incarnait l’idéal du silence et de l’ombre. Seule sa funeste cicatrice ressortait aux phares du jour puissant.
En armure de plaques couleur nuit, Runus frottait ses gantelets l’un contre l’autre dans un bruit de ferraille exaltant. Le commandant des armées de Milmort avait rabattu la visière de son casque sur un signe de son supérieur. Ses yeux noirs capturaient les lumières, au point que parfois, Milmort se demandait s’il était véritablement humain...

Attendez-vous à de l'action et de la magie destructrice ; bientôt, la suite des aventures de Silarôn Belor et de ses compagnons. Le Vautour arrive ; Milmort vient : ) 
  Bons partages.

ps : cet extrait peut être légèrement différent de la version finale qui sera mise en ligne ce week-end. 

 

mercredi 20 février 2013

Le cycle de perdal damnation 8 le retour du corbeau (extrait)



   En attendant la mise en ligne gratuite à la fin de la semaine de "Damnation 8 le retour du Corbeau" sur Feedbooks, en voici un extrait :


   Deux jours plus tard, les armées se massaient au pied de la colline qui abritait Anîm depuis la nuit des temps. Des tentes avaient été disséminées sur la plaine, formant une série de taches rouges sur une toile d’herbes brûlées. Les guerriers aux armures rouillées attendaient l’arrivée de leur souverain. Milmort ne devrait pas tarder. Il y avait là toute une assemblée de mercenaires, de soudards et quelques gardes royaux. Perdal n’avait jamais possédé une force armée aussi importante de toute son histoire ; étant en paix avec la Confédération. Les Barons du Nord perdaient trop de temps à se combattre les uns les autres pour représenter une menace. A l’Est, les Monts Hélibel étaient une étendue sauvage à la faune impressionnante et à l’Ouest, on trouvait l’océan Garanéen, connu de l’autre côté du continent Exodus, sous le nom de l’océan des Reflets. Au même endroit, les landes Vagabondes, une étendue désolée, étaient entrecoupées de falaises d’une hauteur prodigieuse et de récifs infranchissables.   

   Dans ces conditions, Oriana n’attendait pas d’aides de la part de ses compatriotes de la Confédération Roc. Elle avait déniché la princesse selon les directives de l’Oracle des Déesses, l’ayant reconnu au premier regard. Maintenant, il lui restait à découvrir l’élu mentionné dans la prophétie de l’Oracle. Hélas, elles étaient toutes les deux cloitrées dans deux salles adjacentes d’apparence austère.

Au dehors, à travers une vitre sale, elle voyait les soldats s’agiter à travers leurs campements, à la manière d’une bande de spectres rayonnants dans la grisaille surnaturelle de ce début de journée. Léna se trouvait dans la pièce à côté, si proche et à la fois si éloignée. La Prémiscine l’entendait sangloter. Elle allait être livrée à Milmort. Oriana se doutait de ceci, elle l’avait vu. Sa vision avait été rapide et vague, mais pas vaine. Elle savait à présent que l’élu qu’elle cherchait, était ici-même, quelque part. Et quelque chose lui avait paru très familier dans sa vision, un peu comme si elle connaissait ce jeune homme qu’elle n’avait entraperçu qu’un instant dans un flash aveuglant.

   Dans son dos, la porte s’ouvrit brusquement. Oriana, d’un bond précipité, se mit hors de portée d’un sort, au cas où. Le mage hirsute et mesquin se nommait Baler. Il siégeait au conseil. Ses grands yeux sombres et maléfiques l’effleurèrent à peine ; il vérifiait que rien n’avait été dérobé ou brisé dans la chambre. Des cheveux gris s’effilochaient sur le crâne du vieillard à l’intelligence sans faille. Il l’avait interrogé de nombreuses fois et avait même tenté de lui forcer à révéler ses secrets. Oriana avait résisté à sa magie avec une telle force qu’il n’avait pas retenté l’entreprise. Aujourd’hui, son sourire aurait fait fuir une nuée de corbeau.

   — Venez, jeune damoiselle, il semblerait que quelqu’un soit très intéressé par vous, ordonna-t-il avant de lui jeter un sort d’immobilisation.

Oriana ne le sentit même pas venir. Bientôt la volonté du vieillard s’imposa à la sienne et la poussa à lui emboîter gentiment le pas. En colère, la Prémiscine s’aperçut que toute résistance était vaine. Baler la fit traverser un dédale de galeries, d’escaliers et de couloirs pleins d’ombres mouvantes, la menant toujours plus haut. Oriana était inquiète. Qui était cette personne ? Alors qu’ils passaient devant une gargouille grimaçante, Baler dit sur un ton méprisant :

   — Il semblerait que vous allez nous aider à gagner cette guerre…
Oriana frissonna mais ne réussit pas à faire fonctionner ses cordes vocales. En fait, Baler l’en empêchait grâce à son maléfice. Il semblait y prendre un malin plaisir. Enfin, ils atteignirent une porte richement décorée. Oriana fut introduite à l’intérieur. Le Soleil entrait à flot par une grande fenêtre et illuminait un large canapé de velours, débordant de coussins écarlates. Sur ce dernier, un individu était assis, un verre rempli d’un liquide ambré entre les mains... 
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 Le dernier fragment, le numéro 9, se nommera L'apparition du Vautour et apparaîtra lorsque je l'aurais réécrit, corrigé et revu. Ce bougre de roman avait été tapé à toute vitesse en 2006... Attendez-vous à de l'action et de la magie pour ce "petit" final. : )
 Bon partage. 
  

dimanche 28 octobre 2012

Lunombre 1 La Flamme Bleue (extrait)



« Entrez dans mon monde et voyez : la vie demeure, ce sont juste les hommes qui meurent. »
Lunombre

Île inconnue, 172ème Lune

   La Lune d’Ambre escaladait les cieux de ses ailes agitées. Des perturbations se formaient sur ses pourtours, créant des halos orange sur les flots. Ces chocs de couleur arrosaient l’île obscure comme en plein jour. Des fleurs blanches bruissaient sous les déferlements du vent silencieux. Ce long tapis naturel s’épanouissait entre des arbres aux feuilles d’ambre. Un pied botté s’abattit brutalement au milieu des plantes, déclenchant une envolée de pétales blancs et fripés.
   Le Baron rejeta son long manteau gris sur ses épaules, et rabattit son chapeau à large bord uni et sombre sur ses traits livides. Un reflet de sourire parcourut le miroir qu’il tenait dans le creux de sa main. Il aimait s’y admirer de manière triomphale, lorsque d’égard, tout lui réussissait.
Plus loin, un monument ancien, dévoré par des peaux de lichens, se convulsait vers les cieux bleutés. Il s’agissait d’une aiguille d’un peu plus de trois mètres de haut, transportable par un être humain de forte carrure, comme son Second. Ce dernier suivait son capitaine d’une démarche d’assassin ; à la fois souple et vive. Son crâne chauve était environné de reflets jaunâtres.
   — Lonefey, déterre cette relique divine et emporte-la jusqu’aux navires, ordonna le Baron d’une voix rauque.
   L’individu enfila d’étranges gants métalliques, qui augmentaient sa force, au prix de quelques effets secondaires brûlants. Des cloques couvraient souvent sa peau brunie. Ignorant la douleur, Lonefey plongea ses bras dans le sol jusqu’aux coudes. S’arcboutant, il délogea brutalement le pilier de sa gangue terrestre millénaire.
   De la mousse, des pétales et des mottes de terre voltigèrent aux alentours. Le temps de reprendre son souffle et son équilibre, Lonefey posa un genou à terre. Il frôla son capitaine, puis se dirigea vers le navire. Le Pavillon des Dieux, tel était son nom, était amarré à fleur de rochers au milieu des vagues hurlantes de l’océan des Feux Glacés. Le Baron lui emboîta le pas d’un air satisfait.
Non loin de là sur la jetée, une vieille main ridée s’agrippait au pommeau d’une canne en Scélénium, un métal qui capturait l’énergie ambiante. Les doigts de cette silhouette bottée étaient tendus et blafards. Sa voix inquiétante évoquait un murmure diffus qui allait en s’amplifiant dans les tons caverneux.
   — Vous avez désormais en votre possession l’épine, Baron.
   — Nous l’activerons seulement lors de la purification du monde et de notre confrontation avec les dieux. En attendant ce jour béni où ils tomberont, j’utiliserai les pouvoirs de mes Aïeuls. Je combattrai mes opposants à armes égales. 
Une flamme rouge environnée de feux verdâtres s’agrippa à sa main libre.
   — Faîtes comme bon vous semble, mais n’oubliez pas notre marché, Baron. Si vous échouez…
   — Je perdrais jusqu’à mon âme ; je n’oublie rien, démon lunaire.
   Le Baron laissa son pouvoir se dissiper sur une mince fumée. Il reporta son attention sur son petit miroir. Un rictus de pure joie retroussa ses lèvres à sa propre vue.
   Certains êtres dominaient les autres grâce à leur charisme et leur supériorité mentale et physique. Mais tous les hommes, aussi faibles qu’ils soient, avaient leur utilité, même dans la déchéance ultime. La mort servait la vie. La loi divine du monde de Lunambre et de ses déserts de vies urbaines était inaltérable depuis des temps immémoriaux.

dimanche 23 septembre 2012

Ventelarme (extrait)


 Un nouvel extrait d'un roman en cours d'écriture :

 La température chutait peu à peu. L’éclat de la Lune ne suffisait pas à fournir un brin de chaleur à l’inconnu emmitouflé dans un lourd manteau couvert de crasse. Malgré tout, une lampe à gaz brillait faiblement non loin de sa main froide, fournissant un semblant de chaleur à son corps sur le point de mourir. Cet individu sans nom ne sentait déjà plus son bras gauche, et sombrait peu à peu dans un océan de noirceur et de bien être. 
   Qu’est-ce que la mort quand on n’a pas vécu ? Sans doute, pensa l’inconnu, quelques regrets et du déjà vu. Sous ce pont, bercé par les flots d’un fleuve indifférent, dans un monde où personne ne s’observe sans se juger ou se mépriser, se jalouser ou bien même s’aimer, un illustre inconnu à l’agonie allongé dans la vermine ne ferait pas trop d’émules. Peut-être en parlerait-on dans la presse pour montrer du doigt un fait tout à fait banal durant l’hiver depuis des années; et peut-être même un personnage haut placé dirait-il toute sa sympathie pour tous ces êtres éjectés de la société, qui mourraient pendant que lui-même chantait ses discours pour la énième fois, sans se douter une seule seconde que c’était là une entreprise grotesque.
   Le dialogue n’existait pas. Néanmoins, l’inconnu, dans un léger sourire, se souvint d’une jeune bénévole revêtue d’un long manteau noir, de ses paroles bienfaisantes qui lui faisaient se souvenir de son humanité. Oui, lui-même était un homme, certes esseulé et sans le sou, abandonné; mais il restait tout de même un être humain, pas un animal mourrant de froid sous le couvert d’un arbre nu.
   Il emporterait ce souvenir chaleureux avec lui, comme il emporterait sa haine et ses remords. Comme il maudirait cent fois cette terre où la vie représentait si peu de chose qu’on hésitait à dépenser assez pour la protéger durant l’hiver.
   Un rayon de Lune resplendit sur les eaux, et une silhouette obscure et très large s’y matérialisa sous la forme d’un ange aux ailes noires. L’inconnu crut qu’il avait là une hallucination, comme il en avait eu tant d’autres durant certains hivers passés en solitaire sous ce même pont. 
   La créature parut effleurer les eaux en se dirigeant vers lui, et elle vola jusqu’au rebord pavé de la berge, tout en demeurant dans l’ombre. En d’autres circonstances, ce fait aurait été impossible, surtout avec l’éclat de la Lune et de certains réverbères en surplomb, mais un homme se mourrait et chose surprenante, cet inconnu ailé lui tendait la main.
   Très peu de personne, voir aucune, ne lui avait fait un geste aussi direct et innocent durant toute sa triste vie. Il souleva son bras droit, et tremblant, mais ce dernier retomba avant d’atteindre les doigts frêles tendus vers lui.
   L’inconnu était mort. La silhouette angélique s’avança de quelques pas et toucha le front glacial du corps. Alors il dit ces mots, dans une langue inconnue, mais néanmoins compréhensible pour tous les êtres humains.
   « Ton vœu sera exaucé; je maudirai cent fois ce monde, avec toi. » 
L’inconnu aurait dû se douter qu’il devrait même payer en échange de quelques pensées agonisantes, au milieu des brumes navrantes d’un autre monde. 
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Cet extrait est encore au stade de Ier jet. En un seul tome ; Ventelarme mélange les genres. Il se déroule à la fois dans la réalité et sur un autre monde en flammes... (rédigé à hauteur de 25 500 mots) 

J'ai eu un blocage entre temps, et j'ai peiné à remonter la ligne. : )

A suivre, un jour ; seul le premier tome de la Danse du Lys et la Ière partie du monde de lunambre ont été publiés pour le moment. Je vous invite à vous les procurer. : )

vendredi 14 septembre 2012

Equitombe Extrait

Roman écrit à l'âge de 17 ans, en cours de réécriture : 

Le Soleil nimbait l’horizon d’un éclat hivernal, tentant avec peine, de réchauffer les hauts pics enneigés. Les gouttes de rosée étincelaient en basse altitude, telle une myriade d’étoiles au firmament. Répondant à l’appel d’une aube nouvelle, une colombe jaillit d’un nuage dans un déferlement immaculé, puis se laissa porter par un courant d’air ascendant, les ailes tendues.
   Soudain, un son de cloche résonna entre les montagnes. Au loin, une pauvre biche fut emportée par une avalanche. C’est là, sur un promontoire de rocaille, au fond de la vallée, qu’une communauté de moines avait élu domicile. Au sommet du monastère, une voix grave et exaspérée claqua bruyamment dans l’air du matin.
« — Pauvre andouille ! Ce n’est pas comme ça que l’on fait sonner les matines ! Tu as du rendre sourd la moitié des frères présents en dessous !
   — Désolé frère Irin, je voulais simplement me rendre utile, s’excusa un garçon en lâchant précipitamment la corde.
Un nouveau « Gong ! » explosif fit trembler l’étage entier, ainsi que la barbe de frère Irin qui se boucha les oreilles en grimaçant.
   — Deran, ne retouche surtout pas à cette corde ! hurla frère Irin, en couvrant le tumulte de sa voix.
Le moine à la robe sobre fronça les sourcils, les mains sur les hanches. Avec ses cheveux gris foncés et son regard perçant, frère Irin avait le chique pour donner l’envie de fuir à n’importe qui. Tout du moins, aux premiers abords. Une fois qu’on le connaissait, on se rendait compte qu’il était très conciliant. Deran, pour se donner bonne mesure, baissa la tête d’un air penaud, ses cheveux brun tombant nonchalamment devant son visage.
 « Voilà seize ans que nous t’avons recueilli. Tu n’étais qu’un petit bébé d’un an, à l’époque. Ta mère souffrait ; comme tu le sais, d’une maladie terrible quand elle est arrivée sur le palier de ce monastère, en te serrant dans ses bras. Elle est morte quelques mois plus tard… »
   Deran gardait ostensiblement la tête baissée. L’histoire de son arrivée au monastère, il la connaissait par cœur et n’avait jamais réussi à verser une larme pour ses parents qu’il n’avait pas connu. Pourtant, il lui arrivait fréquemment de se réveiller au milieu de la nuit, en pleurant, après avoir entendu une voix douce lui chanter une berceuse. Deran s’était toujours demandé si c’était la voix de sa mère ou tout simplement son imagination.
« — Je sais que tu n’en gardes aucun souvenir, continua frère Irin sur un ton plus doux. Mais tu auras bientôt dix sept ans ! Et tu ne seras pas heureux, en restant cloîtré dans ce monastère toute ta vie. Aussi, Deran, il faut que tu te prennes en main, que tu prennes tes responsabilités.
   — Je veux bien te croire frère Irin, mais je me sens bien ici et je ne souhaite pas partir pour le moment, déclara Deran, en redressant la tête.
   —Va donc dire cela à notre abbé ! s’exclama frère Irin, sur un ton de défi. Quand je lui ai dit que tu voulais encore rester un an, il a manqué de peu de s’étrangler. A mon avis, si tu lui demandes un autre sursis, il va avoir une crise cardiaque !
   — Je vous gène tous tant que cela ? s’étonna Deran, en ouvrant ses grands yeux innocents.
   — Nous sommes des moines, Deran, objecta frère Irin, sur un ton grave. Nous prions à longueur de journée pour laver les péchés du monde et nous l’avons choisi. Dans ton cas, ce ne serait pas un choix, mais un naturel, venant du fait que tu n’as pas vu le monde.
   — Je comprends, affirma Deran en soupirant. Mais… C’est simplement que le monde extérieur me fait peur. J’ai lu quelques livres sur l’île de Panâm qui ne me donne pas envie d’aller y séjourner.
   — Il y a toujours un certain équilibre entre le bien et le mal, Deran. Si des faits s’avèrent terrifiants, tu peux être sur que d’autres sont merveilleux… Comme l’amour, par exemple.
   — Je croyais que les moines faisaient vœux de chasteté avant d’endosser leur rôle, observa Deran, en ouvrant la bouche d’un air effaré.
   — Il y a de nombreuses façons d’aimer, Deran, assura frère Irin, en ouvrant la porte du clochet. Ne l’oublie jamais… »
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J'avais tout rédigé sur des cahiers, à réécrire, par conséquent : ce passage se situe au début d'Equitombe, Ier tome d'une trilogie se situant sur Panam, une île située à l’extrême Nord Est d'Andalénia. On suit l'histoire de Deran, jeune orphelin éduqué par des moines au fond fin des monts. Tout comme la Danse du Lys, Equitombe est un éloge à la fantasy.

Extrait du tome 4 de la Danse du Lys

 En cours de réécriture :

La jeune fille courait rapidement sur la route pavée, les traits livides, son panier ballotant dangereusement aux bouts de ses bras. Elle le serrait contre elle, jetant de fréquents regards pleins de terreur par-dessus son épaule. Sa respiration était précipitée, ses pensées incohérentes. C’était à peine si elle se souvenait de son prénom. Élise. Sa jupe rouge fouettait ses jambes nues à mesure qu’elle courait, le cœur cognant fortement à ses oreilles. Elle n’en pouvait plus. Elle fuyait les lieux dévastés de son ancienne petite cité depuis deux jours, déjà. Elle avait prévenu tous les hameaux croisés sur son chemin. Les habitants ne l’avaient souvent pas crue.
   Élise se dirigeait vers Tempête, ses immenses yeux bleus clairs affolés posés sur le lointain. Ses longues mèches blondes s’élevaient derrière elle tel un porte étendard. La plaine s’étirait devant elle, ses herbes hautes frôlées par la tendre brise qui s’épanouissait dans les environs. Au loin, on apercevait les contours brouillés d’Oros Ultima, le pic qui dominait la région, enfin les pics, à présent.
   La jeune fille rit de nervosité, les jambes tremblotantes. Ses yeux se voilèrent de grisaille. Brusquement, elle tituba et ses chevilles se heurtèrent férocement. Elle s’écroula, sans force, les joues baignées de larmes. Son panier presque vide roula sur les pavés et quelques prunes s’éparpillèrent dans la poussière. Élise tenta de se relever, en prenant appuie sur ses mains. Elle retomba aussitôt, les joues rouges, une goutte de sueur roulant sur l’arête de son nez. Puis elle se laissa aller sur le dos, épuisée, une main posée sur son ventre. Elle s’était nourrie seulement de prunes les deux derniers jours. Son corps ne pouvait plus soutenir l’effort.
   Sa famille devait avoir été réduite en cendre à l’heure qu’il était, les restes de ses membres éparpillés au quatre vents. Sa tristesse engloutit ses sens. Élise appela la mort de tous ses vœux. Toute sa vie venait de s’écrouler. A quoi bon continuer? Elle ferma les yeux et laissa sa joue épouser le sol. 

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 Ce passage se situe vers le début du 4ème Tome, que j'ai nommé sommairement l'épée de Damoclès. (63 000 mots*) Il s'agit du Tome 3 que j'ai coupé en deux pour qu'il soit plus accessible et surtout, je trouvais que la deuxième partie, celle-ci, manquait de développements. Pour le moment. C'était une mise en bouche, et de toute manière, le tome 2 n'est même pas encore sortie. 
Le personnage d'Elise apparait dans le 5ème tome de la Danse du Lys... 
A suivre, un jour ; seul le premier tome de la Danse du Lys a été publié pour le moment. Je vous invite à vous le procurer : tout s'améliore de livre en livre. : )

"Mon histoire ne s'accorde ni à leur monde, ni à leur mode de vie; leurs vies et la mienne ne suivent pas le même chemin. J'ai un bien autre monde en tête, qui porte dans le même coeur son amère douceur et sa peine aimée, le ravissement de son coeur et la douleur de l'attente, la joie de la vie et la tristesse de la mort, la joie de la mort et la tristesse de la vie. En ce monde, laissez moi avoir mon monde, et être damné avec lui ou sauvé avec lui."

Gottfried de Strasbourg

"Quand Ils parlent d'espérances trompées,
De Tristesse et d'oubli, d'amour et de malheur,
Ce n'est pas un concert à dilater les coeurs;
leurs déclamations sont comme des épées :
Elles tracent dans l'air des cercles éblouissant;
Mais il y pend toujours quelques gouttes de sang."


Extrait de La Muse, d'Alfred Musset, tiré du recueil les Nuits de Mai